Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

"Ceci n'est pas un blog !" Ceci est un espace vivant qui, je l'espère, apportera quelques moments de réflexions, de sourires ou pourquoi pas d'agacement !

Publicité

cas d'école

A l'heure où les professeurs défilent, je retrouve un de mes petits textes qui prend un léger ton d'actualité. Ne se reconnaîtront, dans ce texte, que ceux qui, comme moi, étaient peu assidus en cours faute d'intérêt... Non que je ne fût curieux des choses, je ne me souvient pas d'une période où des myriades de questions ne venaient défilées (elles aussi) devant le siège de ma conscience.
Bien  malgré moi, rares étaient les cours qui arrivaient à me captiver, à me capter. Je m'en suis sorti tant bien que mal, en me poussant aux fesses juste quand il le fallait. Il m'en reste des cauchemars, où je me vois exclus d'un système quand les autres avançaient facilement (devoir en retard, pas de prise de notes en cours...).
Voici, probablement, ce qui m'a fait écrire ce petit texte. il est vrai, par contre, que si je ne prenais pas de notes en cours, mes cahiers étaient malgré tout très remplis. Mon premier laboratoire en dessin étaient mes cahiers d'économie ou d'histoire.


Encrier
Sur ma table d’écolier, je vois, versés, répandus, des centaines, des milliers de litres de pensées. Sur ma table d’écolier, sont grattées, au plus profond, mes questions et souvent, mon ennui.

Je remplis cette surface que d’autres ont déjà entamée. Je participe à cette tâche ardue et délicate, échapper à l’heure qui ne veut s’écouler.

En face, un professeur plein de bonnes intentions, ou non, et de son savoir, veut me livrer quelques notions de maths ou de géographie. Alors que nous devrions absorber, sans rechigner, la nourriture qui nous est offerte, nous crachons sans même sentir la pâtée. Le menu peut être bon, là n’est pas le problème. Le repas apporterait sûrement de quoi tenir pour les années à venir, là encore n’est pas mon souci. Cette table d’écolier vous crache un message que l’on ne peut comprendre si l’on est persuadé d’être du bon côté : mon désir n’est pas d’avaler mais de savourer, de trouver un plaisir à mon repas. Pour cela, il faut que je sois moi aussi acteur de la préparation. Le savoir se partage et n’est pas l’exclusivité de l’âge. La jeunesse n’est pas une outre vide qu’il faut remplir d’idées. Les idées naissent avec l’être, les bonnes aussi bien que les mauvaises.

Le professeur doit comprendre cela, mais l’élève aussi. Égalité ! Travaillons ensemble. Apprendre l’un de l’autre. Professeur pourrait être un grand métier, une vraie vocation. Aujourd’hui, c’est un gagne pain comme un autre et celui ou celle qui n’a pas autre chose à apporter que son savoir peut enseigner, voilà le problème. Ceci est encore plus désastreux quand ce savoir est censé être le meilleur, et est imposé sans nuances à un élève. Il n’y a pas de savoir sans être. Or chaque être véhicule un savoir qui lui est propre. Le savoir est peu de chose, l’écoute qui a permis d’acquérir ce savoir est beaucoup plus important.

Sur ma table d’écolier, je grave, j’écris, j’inscris, mais je n’écoute que mon ennui, mes doutes. Ma table pour faire écran à un discours qui ne m’est destiné. Non, il est lancé comme on lance ses graines au vent, sans savoir si la terre qui les reçoit est propice à cette culture.

Ni faute d’un côté, ni faute de l’autre, simplement un problème de société. On est là par ce qu’il le faut, mais le désir, l’envie est reniée et, n’est pas le moteur de cette pédagogie. Même le chien apprend en s’amusant !

Certes, en voulant donner un même (ou presque) enseignement à tout le monde, nous sommes passé au supermarché de l’éducation, mais à vouloir sauver des idées, ici celle de l’égalité, on en oublie d’autres. On écrase des pensées, on abolit le droit à la distinction. Chacun a le droit à un enseignement mais cela veut-il dire le même ? À tout standardiser, on détruit le plaisir, l’énergie et le goût d’étudier. On marginalise la créativité.

Sur ma table d’écolier, j’ai simplement prouvé que des idées, j’en avais… Encore faut-il les écouter.

Attention, car je vois déjà des réflexions de sauvegarde des enseignants. Je pense que ce métier pourrait, et devrait être valorisé car il le mérite. Il est d'une importance capitale, pas simplement pour l'apport potentiel de connaissances, mais aussi pour un rapport professeur à élève qui pourrait être un élément fondateur chez une personne. La transmission est probablement un acte primordiale et primaire chez l'homme. Encore faut-il savoir ce que l'on doit transmettre. Il ne me semble pas (mais je peux me faire lapidé ) qu'une date d'histoire, ni qu'une localisation géographique soient l'essentiel. Oserais-je dire que l'on peut s'en fiche... Par contre, l'échange réel de pensées, de contradictions, de regards, de non-dit... me semble d'une tout autre nature. Hélas, actuellement, et ce depuis des années, ce rapport est impossible. Physiquement impossible. 
Comment voulez-vous construire de réels échanges dans les conditions d'enseignement proposées : classes surchargées, enseignants démotivés voir effrayés, locaux pensés comme des cases à bestiaux (ceux que j'ai connu au lycée). Bref, là je tombe dans un discours "social", mais il est vrai que je ne vois où est l'aspect visionnaire et de "rupture" dans l'actuelle action du gouvernement. 
Le gouvernement le dis, la quantité n'est pas la qualité... Oui, mais avions nous vraiment un problème de quantité, sinon dans les classes surchargées ? Nous sommes gouvernés (en majorité) par ceux qui n'ont pas connu l'échec scolaire, qui étaient moulés pour ce type d'enseignement, il ne faut pas leur demander de voir plus loin que le porte monnaie de l'état.

Bon, j'arrête, je vais finir par faire un mauvais discours socialo-politico-économique... Mais de mon point de vue naïf, les actions qui sont faites m'apparaissent d'une telle absurdité, que je ne peux m'empêcher de l'exprimer. Donc, soit, les prof ont raisons de manifester, mais il restera malgré tout un problème à résoudre. L'enseignement dont je rêve est encore loin, loin des usines pédagogiques d'aujourd'hui.

Sinon, voici à quoi pouvait ressembler une page des mes chers cahiers de lycée. Bon j'ai perdu la main (cela se perd très vite...), mais pour se rapprocher d'un certain réalisme, je l'ai fais sur le mode de l'écriture automatique. Il en ressort un peu de tout (et de rien) comme vous le constaterez. Cela n'empêche que l'exercice m'a amusé, retrouver le dessin par cet intermédiaire est assez plaisant. Je risque de sévir encore, je ne peux que progresser !

 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article