"Ceci n'est pas un blog !" Ceci est un espace vivant qui, je l'espère, apportera quelques moments de réflexions, de sourires ou pourquoi pas d'agacement !
Comme pour mes voyages en train (article précédent), d’autres situations alimentent mon imagination ou mes réflexions. La course à pied en fait partie.
Régulièrement, et pour le plaisir, je pars, tennis aux pieds, courir dans la campagne environnante. Outre le bien-être que cela m’apporte, mon esprit semble sortir des brumes des journées souvent rivées à un écran d’ordinateur.
Quasi immanquablement, une réflexion va surgir pendant ces foulées. Je la laisse venir, mais j’évite de m’y enfoncer au point de plus être attentif au parcours que j’effectue. Car avant tout, j’apprécie d’être là où je cours. Cela peut être pris comme une évidence, pourtant, à regarder certain jogger, il semble que ce ne soit pas le cas pour tout le monde. Certains sont dans la performance, un stade de foot ou un décors naturel ne leur change pas grand-chose. D’autres sont dans un masochisme flagrant, ils souffrent et cours pour des raisons tout autres que celles liées au plaisir. Enfin, d’autres prennent un plaisir, mais en dehors de leur parcours. Walkman sur la tête, ils sont déjà ailleurs… Bref, à chacun sa course.
Donc, quand une pensée arrive, j’évite de la développer mentalement.
Cela fait 2 courses où je me dis que j’aimerais faire l’exercice suivant, développer les réflexions qui font surface lors de ces cheminements.
Le blog est pour moi un bon support pour le faire.
Voici donc ma première réflexion :
Être athée, peut porter à l’intégrisme aussi certainement qu’être religieux.
Je reconnais que le thème n’est pas simple et, par certain côté délicat. Mais nous ne sommes pas à table, ni en famille, nous pouvons donc parler religion ! Le premier intérêt que j’ai vu dans cette réflexion est de mettre sur un même fonctionnement le fait de croire ou non en dieu. L’athée comme le religieux est convaincu du bien fondé de son postulat. Or l’intégrisme est toujours associé à la religion et rarement au fait de ne pas en avoir. L’autre point est que j’y vois une opposition entre ladite logique « terrienne » et l’irrationalité apparente des croyances.
Personnellement, je suis passé par ces deux « expériences ». Dans les deux cas, je faisais preuve d’un certain prosélytisme… J’aime débattre et, je reconnais aimer la confrontation, quitte à me faire de temps en temps, l’avocat du diable. Ne faut-il pas se mettre dans la peau d’un détracteur pour mieux comprendre ses positions ? Un peu comme un acteur qui teste certains sentiments qu’il ne rencontre pas dans sa vie quotidienne.
Pour tout discours, tout n’est qu’histoire de conviction. Je fus athée comme d’autres sont catholiques, par culture familiale. J’ai fini par passer par une phase d’agnosticisme, dieu ou pas, le problème me semblait insoluble. Notre esprit n’aurait jamais accès à cette information. Enfin, sans jamais vraiment croire dans une existence divine, j’ai connu une période de « pratique » proche d’un rite religieux. Un vérité existait et elle était accessible ! Tout cela pour dire, que cette réflexion est probablement née de ces nommées « expériences ».
Où en suis-je aujourd’hui ? En fait, je ne pense pas avoir beaucoup progressé (la progression a-t-elle un sens dans ce domaine ?), mais je ne suis plus dans aucun de ces états d ‘esprit (ou, je ne m’en rends pas compte). Actuellement, l’intégrisme apparaît de façon plus évidente et, est assez répandu. Je le vois, dans bien des domaines. La religion, bien évidemment, mais aussi dans la science, la politique, les bonnes mœurs… Chacun, campé par ses principes, regarde l’autre avec, comme étalon pour juger, lui-même. Combien de scientifiques rejettent par défaut toute idée qui semble un tant soit peu « ésotérique », c’est à dire qui semble sortie de pensées obscures et peu logiques… Pourtant, quand on lit certains écrits, il n’est pas rare de voir que, ces idées farfelues sont mises en évidence des siècles plus tard par la science. Attention, je ne dis pas que l’idée farfelue n’existe pas, heureusement, elle existe ! La plupart des grands savants semblent avoir exploité leur intuition pour arriver à des découvertes majeures. L’intuition est loin d’être un élément rationnel. Je pense qu’un grand savant est celui qui n’exclut rien par défaut et, avance avec un esprit ouvert à l’imprévu. Avancer avec un but est prendre le risque de passer à côté de ce que l’on devait trouver, tant l’esprit est déjà dans ce qu’il croit vouloir obtenir. Pourquoi faire des questions si l’on est sûr de la réponse ? De même, il peut être difficile pour un croyant d’admettre certaines idées scientifiques. Dans les deux cas ne faut-il pas avancer en prenant le risque de changer d’avis, voir, de fondamentaux de vie ? Nous pouvons avancer convaincu, le doute n’étant pas inévitable, tout en restant ouvert à un résultat inattendu, et n’allant pas dans le sens de nos hypothèses…
L’athée peut donc être dans un esprit fermé ; rien n’est possible en dehors de ce point de vue, dieu n’existe pas. Moi-même, je me demandais comment on pouvait s’attacher à des histoires qui relevaient plus du conte que de l’objectivité. Croire en dieu et au chat botté était pour moi aussi difficile. Au plus profond, si l’on est persuadé de ce vide qu’est l’absence de sens divin, notre esprit est une forteresse qui ne laisse passer aucun doute à ce sujet. Une forteresse qui est aussi bien gardée que celle d’un croyant des plus convaincu. L’athée pense avoir une arme redoutable, le bon sens et, une objectivité indiscutable. La position est par ailleurs très difficile à vivre quand on fait le tour de cette question.
Comment peut-on évoluer, cloîtré, souvent bien malgré nous, dans cette apparence des choses ? Nous excluons tout autre hypothèse. Nous sommes bien dans la posture de l’intégriste. Je ne développerai pas cet aspect du côté religieux, les exemples sont aujourd’hui suffisamment médiatisés…
Les difficultés sociales, politiques (etc.) renforcent un phénomène d’élévation des barricades qui sont faites de coutumes, de devoirs… L’idée de certains athées peu ici, s’avérer exacte ; la religion profite de la peur, entre autres celle de la mort et de la souffrance. Vous avez certainement dû entendre, ou même émettre, ce fameux postulat comme quoi la religion est forcément un refuge pour ceux qui craignent la mort et l’inconnu qu’elle représente.
Heureusement, j’ai fini par dépasser cette vision, que je trouve aujourd’hui plus que simpliste. En général, ceux qui développent cette hypothèse, sont eux-mêmes effrayés par l‘idée de la mort, et ont une image de l’homme peu reluisante. On pourrait ne pas leur donner tort quand ont fait un état des lieux, surtout via les médias.
Ma position, aujourd’hui, (et je ne dis pas que c’est la bonne - je suis jeune, si, si - et j’espère encore évoluer, donc avoir des expériences différentes) est beaucoup plus ouverte, quoi qu’elle a ses idées qui sont peut-être mes actuelles barricades. J’accepte volontiers la pensée qu’il peut y avoir autre chose de plus « globale » et surtout, qui reste accessible. Hélas, je n’ai pas encore trouvé le chemin. Mais peut-être que le chemin est en lui-même porteur de cette « globalité » (désolé je ne sais pas comment nommer ce que je ne connais pas). J’accepte donc des « idées » de natures très différentes. D’un magazine scientifique, d’un livre sur une pratique spirituelle ou du fond de je ne sais où. La soupe se fait à partir de ces ingrédients, elle mijote. Une idée en soit, n’appartient à personne, surtout si elle est juste ! C’est comme si le savant s’appropriait la photosynthèse le jour où il en découvre le processus. Si la plante pouvait rire…
Par contre, encore aujourd’hui, ceux qui chercheraient à me faire croire au vieux barbu nous contemplant du haut de sa montagne, j’en reviens à la vision du Petit Poucet poucet. Mais ce en quoi je crois, n’est pas la question du jour.
L’athéisme est soumis aux mêmes croyances et tournures d’esprit que le religieux. Qu’il loue la gloire de l’objectivité, de la logique ou d’un dieu, celui qui prend une position excluant l’autre, dévitalise sa propre croyance. De quoi a peur l’intégriste, la perte de ses propres convictions ? il me semble que les hommes de force sont ceux qui accueillent des idées différentes des siennes sans peur de perdre une identité illusoire. La peur d’être « manipulé » ou « souillé » est au contraire un aveux de faiblesse. Un courant fort est un courant qui est confronté à des éléments contraires tout aussi fort. Donc, plus on est bien avec ses pensées, moins nous sentons le besoin de les protéger. Une garde ouverte n’est pas forcément un défaut dans la cuirasse, cela peut être le signe d’une certaine maîtrise…
Voilà, j’achève sur ces mots mon premier exercice d’une chronique pour les pieds.
Difficile de tenir le marathon du blog… J’espère fournir d’autres recherches visuels plus tard, mais je dois avouer être pris par ailleurs. Ce sera donc du texte qui jalonnera le blog pendant les pénuries d’images…
Pour patienter, voici de belles araignées de mon jardin. De beaux modèles qui finiront peut-être dans une composition....
