"Ceci n'est pas un blog !" Ceci est un espace vivant qui, je l'espère, apportera quelques moments de réflexions, de sourires ou pourquoi pas d'agacement !
Ils y mènent tous paraît-il… Mon chemin a effectivement croisé Rome Il y a (déjà) un mois de cela.
Un voyage riche en corps à corps. Sur ces terres, où fleurissent les basiliques comme les restaurants sur les côtes touristiques, l’art du sacré y est omniprésent. N’est-ce pas là où siège le Pape lui-même ?
Et pourtant, ce n’est pas la spiritualité qui m’a frappée. J’ai plutôt été frappé de voir autant de richesses artistiques (et donc preuve malgré tout d’une certaine spiritualité), autant de lieux de culte sans pour autant ressentir d’ambiance propice au recueillement ou à la « méditation ». La richesse des lieux vous happe et n’a laissé, chez moi, que peu de place à une quelconque sensation « religieuse »…
Cela ne veut pas dire que ce voyage ne m’ai pas plu, bien au contraire. A dire vrai, je n’ai pas été surpris de ne pas y trouver cette sérénité propre à certains lieux. Pour faire simple, certaines chapelles bretonnes (par exemple) portent, sans beaucoup de mal, plus de connections dites religieuses que les plus belles basiliques Romaine, ce qui était, à mon sens, prévisible.
Ce dont j’ai pris conscience, et qui m’a vraiment plus, c’est ce rapport au corps. Tout dans les œuvres de cette ville parle du corps de l’homme et de la femme. De l’Antiquité à nos jours, d’une villa en ruine à un lieux saints - là même où officie un pape qui se veut si chaste - les fresques sont chargées de corps dénudés aux proportions et aux courbes parfaites.
Que ce soit en sculpture ou en peinture, la représentation du corps humain reste un sujet favori. Lors de cette épopée touristique, j’ai doucement réalisé que pour les quelques peintures ou dessins que j’avais abouti, ce travail sur les courbes et la tension d’un corps était au cœur de mes préoccupations. Il y a un réel plaisir à dessiner les lignes d’une musculature (même caricaturer comme sur les comics américains), ou encore ce jeu de tension du gros orteil au sommet du crâne.
Appareil photo en main, chaque représentation humaine, et particulièrement sculptée, devenait un modèle à photographier… Et nous en croisons beaucoup dans cette ville de Rome, et pas des moindres ! Ce fût donc avidement que je saisissais ses modelés et ses courbes.
Il est tout de même amusant de trouver cette tensions si terrestres qu’est la sensualité en plein cœur du Vatican. Peut-être ai-je une vision tronquée de la religion catholique mais le discours porté par leurs propres murs semble plus ouvert que celui qu’elle offre actuellement. Est-ce simplement la force et le talent d’artistes comme Raphaël ou Michel-Ange qui ont permis ces scènes ou est-ce une époque de liberté artistique particulière au sein des églises romaines ? Quand on pense que pour les musulmans toute figuration d’être vivant peut être interdite, l’enjeu de cette liberté serait peut-être à définir ?
La religion transversale qui unit probablement le plus de croyants actuellement, et qui abat certaines frontières, est celle du corps, nous parlons très justement du «culte du corps ». Nous sommes une majorité, quelles que soient la classe sociale et la culture à nous soucier d’un corps que l’on souhaiterait plus harmonieux et surtout, proche d’un idéal. Ce dernier n’est pas très loin des sculptures grecques ou romaines… (du moins pour les hommes, les proportions pour les femmes peuvent faire parfois peur J sauf si elles fantasment sur le fait d’avoir des épaules de déménageur…). Cette « icône religieuse » qu’est le corps « parfait » est si puissante, qu’elle est utilisée à foison dans notre iconographie moderne. Magazine, publicité, cinéma… Tout y passe. L’église romaine avait-elle comprise cette force commerciale pour « vendre » sa foi ?
Malgré tout, le serpent se mord la queue. D’un côté nous avons la vision chérie d’un corps parfait qui évoque la santé, la force, la jeunesse (…) soit l’image d’une liberté. Il s'agit de la liberté d’agir, de se projeter, de séduire… Et de l’autre l’usage de ce fantasme pour orienter nos choix, faire naître des complexes, cataloguer les personnes en fonction de normes ; bref ce qui ressemblerait plus une perte de liberté. Le désir de liberté nous prive de liberté…
En souvenir de ce très beau voyage, quelques corps qui se sont offerts à mon objectif… (une première série) 



