Écrire est plus qu'un exercice, pour certain c'est une nécessité, comme peindre, photographier... Exactement comme l'est dormir, manger. La différence est que, comme faire l'amour, ce n'est pas vital à proprement parler pour l'être. Et pourtant... Si chacun cessait de faire l'amour, ce serait simplement l'extinction de notre espèce. Ce sont donc des nécessités non pour l'être pour soi mais de l'être pour et avec les autres. Chacun détient une parcelle d'art, qu'on le veuille ou non, et il représente un souffle tout aussi essentiel pour l'homme que les aspects vitaux évoqués il y a quelques lignes.
Pourquoi parler de cela, non pas pour dire que le petit texte qui va suivre est vitale pour l'humanité (Ouf !...) mais que les actes d'écrire, de peindre, de sculpter sont, derrière une apparence oisive, purement et simplement essentiel. Cela n'est pas évident de l'admettre dans une société qui privilégie la rentabilité immédiate. Manger au moins contente aussitôt !
Pourtant, l'esprit de l'homme qui n'est pas qu'egotique mais qui vit au travers de chacun, c'est à dire en traversant chacun, nous dépasse et respire grâce, et par, cette créativité.
Donc, si j'admet que tout à chacun ne peux sortir des chef d'oeuvre de sa propre activité, j'admet aussi qu'il y participe dans sa globalité. Tout amateur qui produit apporte un flux qui anime le chef d'oeuvre d'un autre. Le chef d'oeuvre de l'autre n'a de sens et n'a pu naître que par le même esprit qui anime l'amateur. Nous cloisonnons souvent ce qui ne l'est pas. Je tombe donc, avec ce discours, en plein dans ce qui m'a motivé à faire ce site, ce blog plus exactement. Mes réalisations sont peu de chose en soit, mais associé au milliers, voir aux centaines de milliers, cela devient une force commune et qui existe depuis que l'homme est homme.
Je n'ai donc plus peur de dévoiler quoi que se soit. Personne ne le devrait. Admettons que notre discours, quelque soit son media, puisse n'avoir que peu d'écho pour divers raisons, trop entendu, trop maladroit, pas assez actuel, (...), pour autant cette pensée ne doit pas être le moteur ou le frein d'une réalisation. L'artiste qui brillera est celui qui aura trouver des regards, des pensée en accord avec ces propres réalisations. Il aura su puiser dans un esprit qui le dépasse, une énergie et une inspiration juste. Ses réalisation n'auront de valeur que ce que ce que nous lui en donnerons. Nous nous reconnaissons ou non dans un discours. Mais, le fait que certaines oeuvre d'art puisse toucher tant d'êtres est bien la preuve qu'un esprit commun, dépassant nos êtres, existe. Cette théorie n'est certes pas nouvelle, et a été employer à tord ou à raison par nombre de courants politiques ou religieux, mais ce n'est pas à ce niveau que j'y voit l'intérêt. Je dis simplement qu'il est important de cultiver cette esprit tout en restant soi-même... paradoxe ? Non, je ne le pense pas puisque, c'est en étant réellement soi-même que l'on s'approche et se dévoile aux autres. Je dirais même, que c'est probablement le concept qui me semble le plus proche de celui de liberté.
Être soi-même est loin d'être simple, et il est difficile de définir ce qu'est être soi-même. C'est n'est sûrement pas être figé dans une posture ou dans une forme unique de comportement. Le mauvais caractère n'est pas, par exemple, un signe de liberté mais plutôt de réaction lié à des élément que l'on maîtrise mal. Le terme caractère n'a pas, pour moi, de sens profond, pas comme on l'entend habituellement.
Nous sommes lié à notre environnement, vouloir agir avec des dogmes fixes et arrêtés quelque soit l'environnement est, à mon sens, une absurdité. L'eau à beaucoup de visage ce qui ne lui empêche pas d'avoir une identité incomparable !
Il est amusant que je parle de cela alors que l'extrait que je vais vous proposer, commence par disséquer l'homme dans des comportements plus que tranchés. N'oubliez pas qu'il s'agit d'un conte et que si l'histoire tranche, votre esprit, lui, fait office de marmite où le bouillon devient tout autre chose. Nous sommes des alchimiste quoi. Pour l'instant je n'ai que du plomb à vous proposer...
Le conte de la Main
Prologue
De ses oreilles fût le silence
De ses yeux naquit la foudre
De son cœur gronda le tonnerre
De ses pensées, surgit l’éclaire
De ses narines s’enfuit le vent
De son haleine s’élevèrent les nuages
De son ventre fusa l’énergie
De ses doits se propagèrent les animaux
De ses talons germèrent les végétaux
De ses sels se concrétisèrent les minéraux
De son sexe s’éjacula la pensée humaine
De sa peur s’érigea l’ego
Pour se distraire, Dieu décida de planter les dix doigts de sa main gauche dans la terre.
De chacun de ses doits, naquit un être.
Du Pouce un maçon,
De l’index un architecte,
Du médius un fermier,
De l’annulaire un chasseur,
Et de l’auriculaire, un artiste.
Dieu dit : « Chacun de vous devra survivre, celui qui passera une année entière et me montrera qu’il a su prospérer, se retrouvera doté d'un présent d’une valeur inestimable ».
Les cinq nouveaux né se regardèrent les uns et les autres. Chacun d’entre eux était persuadé de gagner haut la main le présent promis. Ils se séparèrent et entamèrent leur année avec espoir.
Le maçon se dit : « je peux construire n’importe quoi, maisonnette comme palais, je n’ai rien à craindre et je trouverai toujours un lieu sûr et chaud où me réfugier. »
L’architecte pensa : « Avec mon sens pratique et les facilités que j’ai pour gérer plans et actions, sans aucun doute, je peux prévoir la fin logique de cette année, je gagnerais le présent. »
Le chasseur grogna : « Comment pourrais-je mourir de faim ou de froid alors qu’avec un arc et des flèches, je peux trouver viandes et fourrures. »
Le fermier se rassura : « Une fois installé dans un lieu fertile, je pourrai, à volonté, cultiver mes légumes et élever mes cochons. Tant que j’aurai de la terre sous les pieds, je pourrai satisfaire à tous mes besoins durant une année. »
L’artiste pleura : « Quel misère m’est-il tomber sur la tête, il me faudra donc souffrir un an et soutenir mes pas grâces à mon imagination sans limites. Je gagnerai un présent dérisoire parce que je porte en moi la vérité. Mais, à quoi bon… »
Ainsi, chacun d’eux choisi l’endroit propice à ses besoins et, durant ce premier mois de mars, la douceur du temps leur permettait d’établir leurs marques.
(...)