Jeudi 11 septembre 2008
4
11
/09
/Sep
/2008
10:53
Depuis des années, j’écris régulièrement. Moins fréquemment ces derniers temps, pour les raisons énoncées dans le dernier article. Je n’avais pourtant pas lâché complètement cet exercice. Il
était le seul contact avec ce qui ressemble à une étude de soi. De cette pratique, sont sortis tous types de discours :
histoires, « poèmes », réflexions, inclassables… Il s’agit
d’un travail personnel qui donc par définition est très difficile à présenter. Depuis quelques temps, j’ai entrepris de retaper sur micro tout ce que j’avais jeté sur papier. Tout… Le pire comme
le meilleur.
Donc, hier, je suis tombé sur différents écrits qui ne sont pas sans lien avec mon travail d’image actuel. Je vous en livre donc quelques extraits.
Premier texte : (ce texte est en fait tiré d’une idée de
conte sur lequel j’ai travaillé. Une sorte d’étude préparatoire. Je vous ai donc coupé quelques aspects plus formels)
(…) N’avez-vous jamais ressentit l’existence des rêves, des êtres peuplant ces rêves ? Ces rêves qui nous semblent palpables et dont l’esprit
nous pénètre plus que celui du voisin d’en face.
Ne peut-on dire alors, qu’un rêve a sa propre existence et, même si la « non-matière » est son élément, il n’est pas sans impact sur la matière, et donc, sur nous-même…
Imaginez maintenant, qu’un être naisse de ces rêves et agisse de sa propre volonté au même titre que vous agissez sur vos rêves. Son pouvoir serait immense et nous deviendrions le propre rêve de
cet être !
- Notre esprit fige, instant après instant, tout ce qui nous entoure, comme médusa figeait d'un simple regard. Nous oublions ,par simplification, le lien subtil entre chaque instant qui fait que
rien, absolument rien n'est figé ! -
Nos rêves sont des lieux uniques d’expérimentation de cette sensation de mouvement perpétuel. Tout bascule d’instant en instant, et nous-même passons d’un personnage à l’autre dans une étrange
normalité.
Rendez-vous compte qu’aujourd’hui, maintenant, nous vivons dans un monde semblable ! Nous créons une logique à cet univers, nous lui apportons une stabilité, et peut-être du sens, pourtant, tout cela
n’est qu’un jeu puissant de notre esprit.
Nous devons vivre, l’esprit nous apporte une cohérence nécessaire pour avoir l’illusion d’avancer, d’évoluer, alors que chaque instant nous offre son univers unique et entier.
Deuxième texte : (note haut de page :
4h30 du matin, excusez le peu de clarté, le 07/02/98)
Ma vie ressemble, jusqu'à présent, à un griffonné orné d’esquisses aux traits plus ou moins appuyés. Doucement, je tente d’installer quelques couleurs. Les coups
de crayon passés ne pourront jamais plus être sublimés. J’affine donc mon geste pictural d’instant en instant, sachant qu’un instant peu contenir une fresque sans fin. A la fin de mes jours,
j’aimerais passer d’œuvre en œuvre, de symphonie en symphonie. Même si ma vie doit ressembler à une bande dessinée aux traits caricaturaux, que ce soit réalisé avec des gestes surs, en accord
avec mon être.
Une vie griffonnée qui deviendrait une œuvre de maître.
Il s’agirait en fait d’une peinture rupestre où l’on suit des bas-reliefs naturels. Ceux-ci deviennent bisons, chasseurs,…
Ce n’est pas la conscience qui doit guider le geste mais comme le sculpteur, on doit suivre la voie déjà existante (inscrite) dans la matière, sans savoir où celle-ci nous mène. Simplement, ne
pas chercher à gratter là où l’instinct ne nous conduit pas. La forme sera belle, si la force agit dans le sens de la matière.
J’en conviens, ces textes, surtout le deuxième, ont des passages quelque peu « lyriques ». Si ces textes ne sont pas ceux pour lesquels j’ai le plus d’affinité, ils abordent tous deux des notions qui me sont chère : « l’instant » qui contient toute chose, et la perception (intelligence comprise) qui mène à l’interprétation (donc à l’illusion). De plus, même s'il
est certain que je le ferai, je sens que j’aurai plus de mal à mettre en ligne certains travaux. Disons que de les mettre en pâture à d'éventuelles critiques ne m'est pas si simple... Je passe
donc par des étapes. C’était la première. Après tout, c’est aussi pour cela que j’ai fait ce blog.
Voici deux autres visuel du port, histoire d'illustrer ces propos...
vous remarquerez que comme toute bonne recherche, certains visuels tournent autour d'une même composition. Un brin de couché de soleil et on effleure le kitch, son "reflet" l'est peut-être
moins.
là, je m'éclate...