Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 10:40

Se prêter au jeu des fameux haïku, constructions poétiques japonaises, est très plaisant.

Les Haïkus ont la saveur du thé (non aromatisé !). De la même manière, ce n’est pas un goût qui s’impose et qui explose tout sur son passage, comme un bon coca, mais plutôt un parfum léger et subtil qu’il faut savoir recevoir. Les évocations sont alors de l’ordre de la terre, des végétaux et des minéraux ; une gamme de tons qui, si on prend le temps de les apprécier, interpellent tout autant, sinon plus, l’esprit « souterrain » qu’une surface de papilles...

L’haïku me semble de cette qualité. En trois phrases, c’est toute une scène qui doit vivre. Nous devons jouer le jeu et être ouvert aux sensations. L’haïku construit son monde avec nos propres matériaux. Il cherche les liens derrière le conscient et éventuellement, il ouvre une perception nouvelle de ce qui nous entoure. L’appréhension d’un haïku est donc unique propre à chacun. Cette épure se retrouve dans beaucoup des arts japonais. Quelques lignes pour dessiner une scène, un meuble et s’accrocher à tout un univers, le nôtre…

Dans les quelques essais ci-dessous, je ne cherche pas égaler l’art et la maîtrise des maîtres de Haïkus japonais. D’autant, qu’en soit, l’haïku c’est développé avec la syntaxe japonaise. Il s’agit donc de construire une pagode avec les outils, les matériaux et la culture maison… Et pourquoi pas ! Pour le plaisir, tentez de faire de même, vous verrez que l’on se prend vite au jeu. Installer un univers qui tient en 3 phrases et s’adresser aux sens, à la mémoire ou encore à l’imagination. Le rythme de syllabes préconisé est de 5,7,5.

Exemple de Haïku de Basho Matsuo (1644 – 1695) :

Dans le vieil étang
Une grenouille saute
Un ploc dans l'eau! 

Il existe un phénomène qui est, me semble-t-il, à relever. Ce dernier a été remarqué scientifiquement grâce aux nouveaux procédés d’observation des activités cérébrales, mais est depuis des millénaires utilisé intuitivement par beaucoup d’enseignements. Le phénomène est le suivant, imaginer un mouvement, un sentiment ou une sensation, active les mêmes zones cérébrales que si vous le viviez réellement. En art martial, par exemple, il est conseillé de visualiser les formes, tels que les kata (moules), car vous apprenez tout autant ! certes, question musculation, c’est moins efficace… Encore que, on vous conseillera, si vous faite de la musculation (comme pour les guérisons), de visualiser votre corps et ce que vous souhaitez travailler (ou aider à guérir). 

Pourquoi cet aparté ? Simplement pour mettre en avant le fait qu’une lecture, si l’on est réceptif, a un effet psychique qui est finalement tout aussi physique… Comme de boire du thé !

Et comme dirait Johnny, « les haiku, oh oui, ça fait mal », surtout les miens (désolé J)…


Haïku de L’effetlent

 
Aujourd’hui bureau

Demain un lit bien chauffé

Jamais comme hier

 

La prune perchée

Sous mes pieds la racine

La branche s’enfuie

 

Le pain sous le bras

Attention ! caca au sol !

En chemin faisant

 

Un oiseau chante

Et en voici quelques vers

Enfin rassasié

 

En ce beau matin

Je file à mon bureau

L’heure avance

 

La plage, le ciel

Des pas vite s’efface

Le bruit des vagues

 

Des toilettes bleues

Le papier rose en main

Un petit effort

 

Sourire guerrier

Un enfant va applaudir

Et mon chien est mort

 

Je regarde vert

Aussitôt je vois rouge

Parbleu, que penser

 

L’odeur du café

Enfant je déjeune

Le temps sefface

 

Sous la voiture

Un chat à l’ombre des roues

Le soleil tourne

 

Un petit défaut

Et le ciel s’illumine

Objet du discours

 

L’herbe sous la pluie

Le tonnerre m’envahie

Et l’eau parfumée

 

La mobylette

Dont la course du moteur

Déjà s’est enfuie

 

Sous l’oiseau posé

le voile des femmes

débat de l’ombre

  

 

Perché sur un songe

Je m’accroche aux branches

Et le fruit me retient

Quelques adresses pour voir de vrais Haïku !
http://www.haikunet.org/
http://www.big.or.jp/~loupe/links/fhisto/fbasho.shtml

 

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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 09:20

« Compression de données » est un petit assemblage qui réunit quelques années de travail… Nous accumulons des CD au cours des années et la plupart du temps, ils ne serviront plus jamais, ou rarement. Nous stockons, archivons au cas où…

J’ai donc réuni tous ces CD enfuis dans le fond d’un carton, et chargés d’informations qui eurent leurs heures d’actualité.

Et là, j’ai trouvé amusant d’être face à une masse translucide malgré les kilo-octets d’informations qu’elle portait. Après tout, tout ce qu’il y avait n’était que des 0 ou des 1, plus précisément, des creux ou des bosses. Des 0 ou des 1 pour refaire tout un monde ! Un monde essentiellement vide tout compte fait.  

Bon au final, j’obtiens un presse-papier original qui porte en soit des heures de travail ou des images personnelles.

Pour le présenter, j’ai voulu m’amuser un peu et user de son sens du rythme, si, si… Une photo n’aurait pas su rendre son déhanché. Pour vous, je décompresse mes données. J’en ai donc fait un film déjà envié par les studios Pixar. 

 

 

Par L'effetlent - Publié dans : visuels - Communauté : blog artiste
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 19:23

Quant on y réfléchit 3 secondes, n’est-elle pas étrange cette histoire de carte de nationalité ? Une carte pour vous dire : vous êtes français…

Carte de « Nationalité française », il faudrait me dire s’il s’agit d’un club dont on fait partie, une carte privilège qui me donne droit à des points cadeaux ou encore une carte VIP me permettant d’aller dans les loges pour regarder crever ceux qui font tout pour l’obtenir.

Personnellement, étant aussi peu globe-trotter qu’un vieux chêne dans son champ, cette histoire de carte m’apparaît bien absurde. Elle est un peu comme le jouet que vous délaissez et dont vous prenez conscience quand un autre enfant s'amuse avec…

Cette carte apparaît plus comme enfanté par un système protectionniste que par un système de valeurs humaines. Cela peut paraître comme un constat évident, mais quand on en fait l’analyse, on peut trouver cela bien étrange. Elle représente seulement ce pour quoi elle est faite. Or, on ne vous demande jamais votre carte d’identité pour savoir si vous incarnez bien la fraternité, l’égalité ou la liberté mais bien suite à une infraction quelconque ou la frontière passée… Le problème est donc bien économico juridique et non moral ou philanthropique. C’est important de bien s’entendre sur ce que cela signifie… Si nous refusons des personnes en France, ce n’est pas pour des valeurs morales mauvaises ou pour des défauts d’humanités mais bien pour, dit-on, protéger la nation et notre économie. Ces personnes sont des « dangers » car elles n’ont pas la carte pour entrer dans une zone géographique opulente. Elles ne sont pas les bienvenues et considérées par défaut comme des hors-la-loi. La France est une propriété privée tans pis pour ceux qui n’ont pas vu le panneau, « attention ! chiens méchants ».

Imaginez un monde qui prônerait l’humanisme et la tolérance, c’est-à-dire qui souhaiterait une vraie paix, pensez-vous que ce monde serait sectionné, tronçonné pour que des bouts d’humanité ne puisse aller là où elle veut, si elle n’a pas la carte adéquate ? Serait-ce un monde où l’on accumulerait des richesses dans un coin, en profitant de zones moins favorisées pour en extraire encore plus de richesses tout en contrôlant la circulation humaine grâce à des prétextes nationalistes ? Un monde avec des réflexions tel que « ce bout de terre est à nous ! Et les nuages qui vont avec, l’eau, l’herbe et ces putains de moustiques qui nous emmerdent l’été… » Un monde ou tout serait estampillé par un pays. Nous sommes d’accord, ce monde serait un paradoxe…

Et pourtant… Nous sommes bien dans un monde qui parle d’humanisme, qui parle de droits de l’homme dont la France serait le berceau, qui expose des valeurs humaines en vitrine mais qui, dans les faits, met en vente et stock tout son contraire. Nous sommes, et ce n’est pas un scoop, loin d’un idéal humaniste et tolérant. Vous me direz qu’un idéal est par définition une idée de la perfection qui reste inaccessible. Pourtant, vivre et aller où bon nous semble serait le signe d’un monde sain et d’une humanité rassurante. Un partage équilibré des richesse nous laisserai à chacun de quoi vivre et si cela se trouve, chacun serait bien là où il est. Nous pourrions alors régler les autres problèmes : dérèglement climatique, maladies…

Hélas, le constat est que, non seulement nous sommes loin d’un idéal mais surtout, nous sommes loin de tendre vers cet idéal de libre circulation, les volontés ne pousse en rien dans ce sens. Nous édifions plutôt des murs bien plus épais que celui de Berlin dont bien gentiment nous avons fêté la chute.

Nous vivons dans la peur qui engendre la protection qui engendre le rejet qui engendre l’incompréhension qui engendre la peur… Une part de moi comprend ce regard craintif qui applaudit quand on se barricade, quand on ouvre les parapluies et quand on ferme la porte au type bizarre… Mais cette face-là n’est pas la meilleure et sûrement pas celle que je souhaite écouter. Ceux qui renforcent les frontières sont souvent ceux qui vantent les vertus du libéralisme. Hélas, ils ne libèrent que les capitaux et encore, quand ils vont dans leurs poches ! S’ils allaient au bout de leurs idées, si ce libéralisme était une valeur humaine, une foi et non un moyen, il leur faudrait alors libérer les hommes et abolir des frontières qui marquent simplement les limites trop étroites de notre imagination et de notre intelligence.

Vous ne vous en souvenez pas, vous étiez trop jeune, mais quand nous étions encore des nomades, avant « veaux, vaches et cochons », nous nous déplacions uniquement pour aller là où nous pouvions vivre. Ce n’était pas une liberté mais un simple instinct de survit. Aujourd’hui, non seulement nous avons tué le nomadisme, mais surtout détruit l’un des premiers droits de l’homme, un droit qui existait avant même qu’il ne soit inscrit sur une tablette, celui de survivre. Aujourd’hui, les « nomades malgré eux » n’ont plus que le droit de regarder des richesses s’accumuler loin d’eux et d’accepter cela sans agir, avec le sourire si possible. Les politiciens trouvent les meilleures excuses pour justifier le renvoi de ces troubles fêtes, juste avant d’aller se goinfrer de petits-fours à l’Elysée pendant l’une des somptueuses réceptions.

« Nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde », alors nous regardons, par écran interposé, ceux qui se débattent dans cette misère. Et puis, pour les finitions, nous poussons gentiment ceux qui, par excès de volonté et de détresse, seraient arrivés jusqu'à nous. Rien de plus naturelle en somme, une réaction de survit aussi, mais de ceux qui vivent dans l’abondance : sauver son canapé, ses congés payés, sa sécurité sociale et sa bonne conscience.

Cette fameuse carte de nationalité porte en elle un non-droit et non, des droits. Elle n’a de sens que dans la négation de l’autre. Elle aurait pu être une carte honorifique marquant un attachement à des valeurs, à une histoire ou encore à des projets communs mais rien de tout cela, en fait, elle n’est qu’un outil forgé par une administration et un système judiciaire servant à justifier le rejet. Il est normal et logique de rejeter quelqu’un qui n’a pas ce bout de papier tamponné par un service administratif. Comment cela, le monde est absurde ? Mais non, le monde est en fait bien ordonné. Nous sommes étiquetés, rangés dans des classeurs, des fichiers informatiques. Le monde est un grand meuble où chacun doit trouver sa place, son petit coin entre deux autres fiches. Tans pis pour ceux qui seraient rangés dans un fond de tiroir ou sous l’armoire, oubliés avec les moutons de poussière. L’important est le classement, l’ordre et le respect de cette organisation. Mais pour sauver quoi, et qui ?

« Nationalité Française » n’a donc que l’écho d’une mécanique administrative et politique. Un système organisé et aveugle protégeant une entité abstraite qu’elle-même n’arrive pas à définir. Pensez-vous qu’elle défendrait une culture, une éventuelle émotion humaine et bien non, plutôt nos gros sous et notre confort. Aujourd’hui il semblerait qu’on ne sache même plus ce qu’est être français, heureusement, il y a une carte d’identité qui vous rassure et vous rappelle que vous êtes bien français ! merci à ce pense-bête… En même temps, elle ne suffit pas toujours, à priori, il faut avoir un profil type, une perversion au sein même d’une autre perversion. Dire que je n’ai même pas de carte d’identité humaine, un coup à ce faire traiter comme un chien !

Je finirai sur ce politicien, traitant des réfugiés de lâches parce qu’ils avaient quitté leur pays en guerre, parce qu’ils avaient fait un voyage que ce même politicien n’aurait pas supporté une seule journée, parce qu’ils avaient laissé un pays où ils ne voyaient plus d’avenir, parce qu’ils ne voulaient pas prendre un fusil et être un bon soldat, parce qu’ils osaient avoir l’espoir de trouver mieux ailleurs qu’un pays en guerre depuis des années… Cet homme, ce politicien, confortablement posté dans ses mocassins, s’apprêtant peut-être à boire sa tisane après son discours ou une coupe de champagne, dont le plus gros risque dans sa journée était de se brûler en avalant sa soupe, se met à traiter ces gens de lâches. Il est soutenu par toute une armée de bien-pensants qui nous gouverne. Alors, je ne sais pas où se trouve la lâcheté, je vous laisse juge, par contre je n’ai aucune difficulté pour situer la vulgarité et toute une pléiade de qualificatifs qui, j’en suis désolé pour ce pauvre politicien, l’exclus de toute obtention de la carte, si peu convoité, de nationalité humaine… Pour autant, il ne cherche semble-t-il pas à entrer dans la zone délimité par cette carte, il n’a donc pas de risque d’expulsion, qu’il se rassure.

(Pour info, exposition « Boat Peaple, bateau en exil » aux Champs Libres, à Rennes, jusqu’au 2 mai)

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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 10:19
Après un travail bien égocentrique, il me faut apporter un peu d'oxygène à ce blog en vous présentant le travail d'une amie...

Depuis que je la connais, elle trouve toujours de nouveaux projets artistiques à développer et à expérimenter, elle est donc naturellement la bienvenue sur ce blog.

Je vous laisse découvrir son univers et ses dernières réalisations vidéos. En marge de cela, elle a édité dernièrement un petit guide de paris des plus original : Paris décalé (36 promenades sérieuses prêtant à rire) aux éditions Lonely Planet. Pour ceux qui veulent découvrir Paris sous un autre jour.

Les vidéo ci-dessous ont été réalisé avec son ami, également auteur de compositions faites de parapluies ! Bons films...


 
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 15:23

Suite du premier essai. Autoportrait, acte 2. Toujours à partir de photos faites exclusivement dans mon bureau, voici une autre facette de ce que je suis… aussi. En plus d’être différent selon le bain dans lequel je me baigne, je suis différent dans un même bain, vous imaginez la schizophrénie… Nous ne nous baignons jamais dans la même rivière, certes, mais je dirai de plus, le « nous » qui se baigne, n’est, lui non plus, jamais le même, puisqu’il est aussi rivière !

Bon, ce n’est qu’un exercice mais je pense que cela me ressemble, au moins de profil. De face, je suis beaucoup moins calme…

Ce petit film vous accompagnera si vous avez 5(,50) mn de pause. Suivez l’oiseau (faute de lapin blanc…).

 


 

 

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