Jeudi 18 décembre 2008
Oui, c'est vrai, les articles s'étiolent... Non que je ne suis plus motivé pour entretenir mon blog, bien au contraire, mais pour le moment, comme je je l'ai annoncé lors du dernier article, le temps me manque...
Donc pour une fois, je vous propose de regarder le travail d'un artiste que j'ai trouvé particulièrement ingénieux ! Vous avez probablement déjà vu son travail, en tout les cas, ses vidéos sont plus que visionnées sur internet. Je serais donc un de plus à vous le présenter. 

Son idée est simple, efficace et provoque un vraie émotion (j'imagine pour les passants), un docteur Frankeinstein en puissance... et tout cela avec des "bouts de ficelles" !

La parole est à Joshua :
 Il est fort tout de même, non ?
Par L'effetlent - Communauté : l'assommoir de l'art
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Vendredi 5 décembre 2008

Une fois  n’est pas coutume, et comme, du fait de mon travail, je n’arrive pas à trouver le temps pour des exercices personnels, voici l'ébauche d’un des chantiers qui m’occupe en ce moment…

Sur ce projet, je suis scénographe et graphiste. Mes deux étiquettes sont ici justifiées. Comme il n’est pas encore abouti, je n’entrerai pas, aujourd’hui, dans les détails. Je préfère évoquer la magie qui accompagne ce type de réalisation. En tous les cas, la magie que j’y trouve.

Je me suis fait cette réflexion sur l'une des premières scénographies. Cela remonte aujourd’hui à quelques années. Quand vous recevez un dossier, en général très administratif, il vous faut lire au travers un discours souvent très technique, afin d’en sortir l’idée créative et originale qui fera que votre projet passera, et non celui d’un autre…

Dans mon cas, à chaque fois, les projets gagnés ont été évidents dès le départ. Inversement, les projets laborieux, n’aboutissent que rarement. Je sais dans le fond quand ils sont pour moi. C’est l’histoire de la poule et de l’œuf, l’ai-je gagné car je pensait que j’allais gagner, ou, sentais-je que j’allais le gagner car il m’était destiné ?… Peu importe, probablement les deux à la fois.

Là où je trouve une certaine magie, une magie propre à ce type de réalisation, propre aussi aux travaux d’architectures , est le chemin entre l’ébauche et la mise en œuvre jusqu’au jour de livraison.

Je me souviens d’un cas ou, en 10 mn, le tracé des contours principaux d’une exposition furent griffonnés. Tout le reste ensuite coulait de source autour de cette circulation et des articulations qui s’étaient imposées. Je me suis fait la réflexion une fois le crobar terminé que si cela passait : "ce serait un peu magique"… et le projet à vu le jour tel quel.

Une idée surgie et on ne sait vraiment d’où. Il est étonnant de voir, quelque temps et quelque sueur froides plus tard, des gens se promener dans ce croquis du coin de table. C’est là que réside la magie. Le mariage entre l’instant de l’ébauche et celui du projet abouti. 

Mais, alors que le travail de graphiste passe du crayonné au visuel imprimé, le travail de scénographe travers des champs d’activité plus larges. Et au lieu de ne jouer que sur une perception, la vue, c’est tout le corps du spectateur qui est inclus dans notre travail de mise en scène. Le jeu devient tactile. Nous avalons chaque spectateur dans notre réalisation. Bien sur, du coup les contraintes sont beaucoup plus importantes (accès handicapés, sécurité…) mais cela, une fois intégré, ne retire rien au plaisir. Sur ce bout de papier, nous imaginons l’évolution physique et psychologique du visiteur…

Si pour moi, concevoir la circulation globale est un vrai régal, d’autres points sont tout aussi intéressants. Je deviens également créateur de meubles. A l’intérieur de ces espaces, selon les projets, des objets à présenter réclament la réalisation de vitrines sur mesure, des manipulations amènent à réfléchir sur des mobiliers interactifs, des choix scénographique leurs confèrent des aspects uniques, sans aucun rapport avec le mobilier d’une maison.

Je pourrais ainsi développer sur d’autres aspects tout aussi passionnant à travailler, ou du moins à diriger comme le son, l’ambiance lumineuse, les matériaux, la haute technologie et même la propagation d’odeurs (voulu !). En scénographie, tout est envisageable. Il s’agit de spectacles plus ou moins éphémères. Contrairement à la réalisation d’un bâtiment, pour qui la magie peut être encore plus exceptionnel (j’imagine passer d’un griffonné à bâtiment grand public !), notre univers n'est pas celui du fonctionnel.

De plus, il semble que d’avoir du travail va devenir un luxe… Alors avoir un travail qui nous passionne n’en parlons pas !

Pour ces visuels, tirés donc d’une réalisation en cours, le travail porte sur la conception d’une douzaine de modules interactifs qui s’intégreront dans un ensemble scénographique plus global. Le plaisir est donc dans la conception des dénominateurs communs, du principe qui fait que tous ces modules forme un tout cohérant et unique. Aujourd’hui, le travail en atelier est commencé. Le plaisir aujourd’hui, est de voir ces croquis prendre forme à travers le travail d’experts en menuiserie. Plaisir d’être le maître d’œuvre et de faire en sorte que l’ensemble des interlocuteurs privilégie une qualité de réalisation. Je visualise une finition que j’espère bien obtenir, si c’est le cas, ma satisfaction sera totale.

Quand ce projet sera inauguré, je vous mettrais quelques photos des réalisations mais pour cela attendons encore quelques mois.

      

Par L'effetlent
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Mardi 2 décembre 2008
Écrire est plus qu'un exercice, pour certain c'est une nécessité, comme peindre, photographier... Exactement comme l'est dormir, manger. La différence est que, comme faire l'amour, ce n'est pas vital à proprement parler pour l'être. Et pourtant... Si chacun cessait de faire l'amour, ce serait simplement l'extinction de notre espèce. Ce sont donc des nécessités non pour l'être pour soi mais de l'être pour et avec les autres. Chacun détient une parcelle d'art, qu'on le veuille ou non, et il représente un souffle tout aussi essentiel pour l'homme que les aspects vitaux évoqués il y a quelques lignes.

Pourquoi parler de cela, non pas pour dire que le petit texte qui va suivre est vitale pour l'humanité (Ouf !...) mais que les actes d'écrire, de peindre, de sculpter sont, derrière une apparence oisive, purement et simplement essentiel. Cela n'est pas évident de l'admettre dans une société qui privilégie la rentabilité immédiate. Manger au moins contente aussitôt !
Pourtant, l'esprit de l'homme qui n'est pas qu'egotique mais qui vit au travers de chacun, c'est à dire en traversant chacun, nous dépasse et respire grâce, et par, cette créativité.

Donc, si j'admet que tout à chacun ne peux sortir des chef d'oeuvre de sa propre activité, j'admet aussi qu'il y participe dans sa globalité. Tout amateur qui produit apporte un flux qui anime le chef d'oeuvre d'un autre. Le chef d'oeuvre de l'autre n'a de sens et n'a pu naître que par le même esprit qui anime l'amateur. Nous cloisonnons souvent ce qui ne l'est pas. Je tombe donc, avec ce discours, en plein dans ce qui m'a motivé à faire ce site, ce blog plus exactement. Mes réalisations sont peu de chose en soit, mais associé au milliers, voir aux centaines de milliers, cela devient une force commune et qui existe depuis que l'homme est homme.

Je n'ai donc plus peur de dévoiler quoi que se soit. Personne ne le devrait. Admettons que notre discours, quelque soit son media, puisse n'avoir que peu d'écho pour divers raisons, trop entendu, trop maladroit, pas assez actuel, (...), pour autant cette pensée ne doit pas être le moteur ou le frein d'une réalisation. L'artiste qui brillera est celui qui aura trouver des regards, des pensée en accord avec ces propres réalisations. Il aura su puiser dans un esprit qui le dépasse, une énergie et une inspiration juste. Ses réalisation n'auront de valeur que ce que ce que nous lui en donnerons. Nous nous reconnaissons ou non dans un discours. Mais, le fait que certaines oeuvre d'art puisse toucher tant d'êtres est bien la preuve qu'un esprit commun, dépassant nos êtres, existe. Cette théorie n'est certes pas nouvelle, et a été employer à tord ou à raison par nombre de courants politiques ou religieux, mais ce n'est pas à ce niveau que j'y voit l'intérêt. Je dis simplement qu'il est important de cultiver cette esprit tout en restant soi-même... paradoxe ? Non, je ne le pense pas puisque, c'est en étant réellement soi-même que l'on s'approche et se dévoile aux autres. Je dirais même, que c'est probablement le concept qui me semble le plus proche de celui de liberté.
Être soi-même est loin d'être simple, et il est difficile de définir ce qu'est être soi-même. C'est n'est sûrement pas être figé dans une posture ou dans une forme unique de comportement. Le mauvais caractère n'est pas, par exemple, un signe de liberté mais plutôt de réaction lié à des élément que l'on maîtrise mal. Le terme caractère n'a pas, pour moi, de sens profond, pas comme on l'entend habituellement. 

Nous sommes lié à notre environnement, vouloir agir avec des dogmes fixes et arrêtés quelque soit l'environnement est, à mon sens, une absurdité. L'eau à beaucoup de visage ce qui ne lui empêche pas d'avoir une identité incomparable !

Il est amusant que je parle de cela alors que l'extrait que je vais vous proposer, commence par disséquer l'homme dans des comportements plus que tranchés. N'oubliez pas qu'il s'agit d'un conte et que si l'histoire tranche, votre esprit, lui, fait office de marmite où le bouillon devient tout autre chose. Nous sommes des alchimiste quoi. Pour l'instant je n'ai que du plomb à vous proposer...
 

Le conte de la Main

 

Prologue

 

De ses oreilles fût le silence

De ses yeux naquit la foudre

De son cœur gronda le tonnerre

De ses pensées, surgit l’éclaire

De ses narines s’enfuit le vent

De son haleine s’élevèrent les nuages

De son ventre fusa l’énergie

De ses doits se propagèrent les animaux

De ses talons germèrent les végétaux

De ses sels se concrétisèrent les minéraux

De son sexe s’éjacula la pensée humaine

De sa peur s’érigea l’ego

 

 

Pour se distraire, Dieu décida de planter les dix doigts de sa main gauche dans la terre.

De chacun de ses doits, naquit un être.

Du Pouce un maçon,

De l’index un architecte,

Du médius un fermier,

De l’annulaire un chasseur,

Et de l’auriculaire, un artiste.

 

Dieu dit : «  Chacun de vous devra survivre, celui qui passera une année entière et me montrera qu’il a su prospérer, se retrouvera doté d'un présent d’une valeur inestimable ».

 

Les cinq nouveaux né se regardèrent les uns et les autres. Chacun d’entre eux était persuadé de gagner haut la main le présent promis. Ils se séparèrent et entamèrent leur année avec espoir.

 

Le maçon se dit : « je peux construire n’importe quoi, maisonnette comme palais, je n’ai rien à craindre et je trouverai toujours un lieu sûr et chaud où me réfugier. »

 

L’architecte pensa : «  Avec mon sens pratique et les facilités que j’ai pour gérer plans et actions, sans aucun doute, je peux prévoir la fin logique de cette année, je gagnerais le présent. »

 

Le chasseur grogna : « Comment pourrais-je mourir de faim ou de froid alors qu’avec un arc et des flèches, je peux trouver viandes et fourrures. »

 

Le fermier se rassura : « Une fois installé dans un lieu fertile, je pourrai, à volonté, cultiver mes légumes et élever mes cochons. Tant que j’aurai de la terre sous les pieds, je pourrai satisfaire à tous mes besoins durant une année. »

 

L’artiste pleura : «  Quel misère m’est-il tomber sur la tête, il me faudra donc souffrir un an et soutenir mes pas  grâces à mon imagination sans limites. Je gagnerai un présent dérisoire parce que  je porte en moi la vérité. Mais, à quoi bon… »

 

Ainsi, chacun d’eux choisi l’endroit propice à ses besoins et, durant ce premier mois de mars, la douceur du temps leur permettait d’établir leurs marques.

(...) 

 
Par L'effetlent - Publié dans : textes - Communauté : blog artiste
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Vendredi 21 novembre 2008


La tête pleine de travail en ce moment, c’est de mes mains vides dont je vais vous parler.

Je conserve des gants, que les plus fidèles lecteurs reconnaîtront, et que je garde précieusement pour des raisons qui ne me sont pas très claires. Voici donc mes gants.

Ils sont le résultat d’un chantier d’intérieur… Nouveaux espaces, nouvelles couleurs, nouvelle vie.

Mis à part ce rude service qu’ils m’ont rendu, est-ce la seule raison qui m’on fait les conserver. Nombre d’autres outils ou protections ont fini à la poubelle alors qu’ils m’avaient servi tout autant. Non, ce qui m’interpellait, c’était bien autre chose…

En fait, j’ai conservé des mains ! Qui plus est, des mains vides qui ne vivent que par la couleur et la patine dont elles sont affublées. Vide à l’extérieur et, vide à l’intérieur. Ce n’est plus que la contre forme des instants précédents.

Ces gants restent pourtant des mains ouvertes qui n’offre rien en vérité sinon quelques traces d’un vécu. Ils n’ont rien à donner et pourtant, j’ai un certain plaisir à les regarder.

Les mains vide… Pour l’anecdote, karaté en japonais, signifie les mains vides. Une référence au Zen qui à influencé son évolution et au fait qu’il s’agissait d’un combat à main nu. C’est aussi une raison politique, puisque le jeu d’idéogramme fait qu’a l’origine, karaté évoquait la main chinoise, véritable origine de cet art martial. Qui connaît un peu l’histoire du japon, comprendra pourquoi cette interprétation fût proscrite. Une image souvent employée dans le « mondo* » Zen, est celle de la roue car, c’est le vide en son centre qui lui permet de tourner…

Le vide est donc une notion particulièrement importante dans certaines cultures. D’ailleurs, c’est grâce à cette notion que les mathématiques, tel qu’on les connaît, on pu voir le jours. Ce sont ces cultures qui nous ont offert notre premier zéro. Un zéro sans lequel nos comptes seraient bien différents.

Les mains sont, elles, le symbole de l’homme, du savoir faire, de la technique, de l’ouverture à l’autre (offrir ou recevoir). La main est un véritable élément de communication. Elle est un pont, une véritable passerelle sociale. Se serrer la main est une action très répandue, et ce, dans bien des cultures. Le pied peut avoir bien des symboles, mais sûrement pas celui-ci. Même la langue, outil par excellence du langage, n’a pas la force symbolique de la main. Cette dernière serait plus « spécialisée »…

La main vide est donc à la fois cette force puisée dans le « zéro » absolu, et celle du monde matériel qui nous construit et que nous construisons.

Une main vide est en soi pleine de sens. A la fois démunie, et potentiellement capable de tout.

La caresse comme la baffe sont portées par cette terminaison corporelle, cet ultime message qui est souvent plus clair qu’un long discours.

Je vous laisse donc entre les mains de vos réflexions. De bonnes mains, j’en suis sûr.

Et, je ne contredirai pas ceux qui pensent que l’on peut discourir à partir de rien. Le fait est que tout est née de là !

 

*Séance de questions et de réponses entre maître et disciples.


L

 

Par L'effetlent - Publié dans : réflexions - Communauté : l'assommoir de l'art
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Lundi 10 novembre 2008
Avant de vous livrer des textes liés à une époque trouble et "remuée", en voici un autre écrit à la frontière de deux états. 

Après les troubles de l'adolescence, après la calme de 3 ans de "méditation", il marque la fin (je le sais aujourd'hui) d'une période des plus "compliquée" (un euphémisme) de mon existence. Pour ceux qui seraient dans une telle période, le seul point dont je suis sûr, est de ne pas se résigner. Écrire, chercher, résister (...) sont les germes d'une étape plus sereine. C'est le maintient d'un élan vital, une flamme qui reprend toute sa place dès que la tempête se calme. C'est le recul que l'on peut avoir, même dans les pires moments. Pour une fois l'intro sera courte, voici le texte...



Les instants de doute peuvent être des instants de forte intensité.
Tout semble fragile, à la frontière entre deux perceptions, probablement pas une plus vrai que l’autre.
L’esprit est tremblant, hésitant, frileux.
Des idées se combattent, se côtoient, le pire et le meilleur s’enlacent pour ne plus se différencier.
Le doute est une sensation elle-même partagée entre la joie et le désespoir. La joie de pouvoir devenir, le désespoir de n’être peut-être rien…
Nos choix font de nous ce que nous sommes. Le choix est le moment où l’on tranche pour évacuer l’une ou les idées qui créaient le doute.
Les doutes font également de nous ce que nous sommes. Douter est un acte fort.

Nous sommes habité par nombre de pensées, fantasmes. Qui sommes nous ?

Douter, mène à cette question essentielle, qui sommes-nous ? Qui suis-je ?

Je me vois au travers de fantasmes, c’est-à-dire d’images de moi plus ou moins valorisantes.
Je suis, soit
 ! Ce n’est pas la vraie question. "Être" est une sensation. « Être » peut vouloir dire tellement de choses et mener à tellement d’autres questions.
L’important est donc de savoir qui nous sommes. Nous passons notre temps à construire notre image. Nous avons une perception de ce que nous sommes. Je me sens beau, je me sens laid, je me sens intelligent, faible, grand, petit, savant, sportif… Toutes ces perceptions sont fondées sur certains faits et aussi sur ce que nous percevons dans le regard des autres.

Seulement, tout cela n’est que perception. Nous ne prenons qu’une part infime de ce qui existe pour établir notre image de soi. En plus de cette image perçue, il y a celles qui correspondent à nos fantasmes. Quand les deux coïncident, tout va pour le mieux. Nous pensons réussir notre vie et, quelque part, c’est le cas, quelque part seulement… De plus, cet état ne dure jamais qu’un temps toujours trop court.

Quand les deux (fantasme et perception du regard d’autrui) ne coïncide pas, c’est la frustration. Nous poussons notre esprit à nous voir au plus proche de ce que l’on voudrait être, mais nos perceptions nous renvoient fréquemment des messages,  nous signalant l’écart entre le rêve et la « réalité ». Nous nous mentons, ou nous cherchons à maîtriser cette image dans un milieu restreint (famille, amis…).

Quoi qu’il en soit, ce dernier cas est difficile et ne mène nul part.

Le doute, lui, nous plonge dans un profond remue-ménage psychologique puisque ni l’image que l’on a de soi, ni le fantasme, n’est pris pour acquis. Nous savons les deux limités et limitant. Mais, au-delà de ces perceptions, de cette image que l’on construit, et qui n’a rien de définitif, de ce modèle qui semble être notre idéal, qui, ou que, sommes-nous réellement ?

Il me semble qu’une réponse du boudhisme zen serait de ne pas chercher ce qui n’existe pas. Pas de soi, par d'égo ! Le problème est ainsi résolu… Oui mais, le doute lui est toujours là…

Me dire que certaines personnes aient atteint un degré de compréhension tel que le doute n’a plus de place – tout est lumineux, limpide – pour moi, cela relève du miracle. Je n’ai pas dis que cela n’existait pas. N’ayant pas fait réellement cette expérience, je ne peux être que dans le doute !

Une fois, après une pratique régulière de zazen (3 fois 20 mn par jour pendant 3 ans), j’ai eu une journée  « d’illumination ». Tout me semblait évident, clair. Une impression de vrai bonheur avec l’ambition unique de le partager.
Un sourire était devenu d’une importance cruciale puisqu’il amenait un autre sourire puis un autre...
 
Je ne dis pas que la sensation de bonheur absolu, d’osmose avec tout ce qui nous entoure n’existe pas, mais je ne considère pas cela comme un état d’esprit plus juste
 , plus vrai. Cette sensation survenue durant un zazen s’est estompée au fil du temps. Après quelque temps, la sensation avait disparu et cela ne m’a pas empêché de passer par un état dit, aujourd’hui, dépressif…
Nous ne pouvons donc nous leurrer, se croire arrivé à une rive enfin saine. Cela reste un état illusoire qui fini par disparaître. Hélas, on tombe aussi bas que l’on est monté haut.
Pour avoir lu quelques ouvrages de personnes dites sages, celles qui me semblaient sincères étaient loin d’être des illuminés.

La vraie sensation était bien dans une perception du quotidien qui ne nous trompe, ni dans un excès, ni dans un autre. Or cet équilibre, et cette vision claire, qui vont au-delà des perceptions dites fausses, sont précisément ce que je ne peux pour le moment, ni comprendre, ni toucher du doigt…

Donc je doute. Je sais que les perceptions qui m’assaillent ne sont pas les bonnes mais pour le moment, je n’ai rien qui puisse les remplacer ou répondre différemment.

Je pense que ces perceptions sont une part de vérité, mais comme une part de vérité ne peut être qu’un mensonge, je vis actuellement dans un mensonge. Le mot songe est d’ailleurs tout aussi juste.

Le doute est donc ma seul arme contre un quotidien qui cherche à rompre tout questionnement et, pousse à me résigner. Pourtant, tant qu’un désir souterrain et souverain, une énergie enfouie, continuera à me remuer, à muer mon être, je continuerais à douter et à me questionner.

Pour en revenir à l’idée du choix, je ne crois pas, et peut-être à tort, que nous choisissions réellement quoi que se soit. Nous sommes soumis à des évènements, qui partent de l’infiniment petit à l’infiniment grand, dans un univers où tout est lié, et où, nous avons la liberté du constat.

Je tente donc de vivre avec les évènements plutôt que contre (combat inutile et joué d’avance). Il nous faut percevoir, être à l’écoute, aussi bien de ses désirs, que des flux extérieurs (le désir des autres, le "temps", l’énergie ambiante, les opportunités…).

Être quelqu’un
Être quelque chose
A ses yeux
Aux yeux des autres
Cela nous brûle
Nous consomme
Nous dévore

 
Au final, nous sommes morts
Sans jamais n’avoir été,
être l’essentiel

On ne peut être que grand
Si l’on est tout entier
Pour être entier,
Tout doit s’exprimer
L’image doit disparaître
Et le cœur doit battre.

Être au cœur de soi
Soi au cœur de l’être

La peur de n’être rien au fond
Nous pousse à construire des êtres de paille.
Nous cachons un Univers
Pour venter les mérite d’une pauvre demeure.

Cette volonté de créer n’est-elle liée qu’a un  fantasme ?

En partie oui, assurément.
Mais pas uniquement. Elle vient de très loin, comme une force, ou un vent, qui souffle sans qu’on en détermine l’origine.
De toute façon, cette volonté sert mon être, elle m’apporte un souffle et m’ancre dans un présent, le siège de toute réalité.

Elle m’oblige à questionner mon être, à le bousculer. Sans elle, j’aurais l’impression de perdre l’essentiel, ce qui m’offre le recul sur les « choses » et qui ressemble à une promesse : tu peux vivre ta vie, la penser, la contempler, l’aimer… La vie n’est pas une simple accumulation d’habitude, d’à priori, de réflexes ou, je ne sais quelle autre fainéantise qui nous vole des heures et des heures de vie !

Pour conclure ce texte que je perçois comme maladroit, sans queue ni tête, je dirais que si je me suis mis face à une feuille blanche, le cayon en main alors que je devrais dormir depuis plus de 3 heures, c’est parce qu’une image de moi me dérangeait. Je ne suis pas l’idéal que j’aimerais être…

Malgré tout, merci à cette « image » car c’est grâce à toi que je suis là, à vivre sur papier quelques instants comme je les aime.

Servons nous de tout comme prétexte pour aller vers soi.

Je sens la fatigue grandir et le plaisir s’amoindrir. J’espère me retrouver bientôt. Je te dis dors bien et revient vite !

Par L'effetlent - Publié dans : textes - Communauté : blog artiste
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